Le gouffre MS 50
Développement : 290 m
Dénivellation : -144 m
Situation de la cavité :
Le gouffre s’ouvre dans un vallonnement qui borde la
petite Sambuy et domine la combe des Avalanches. Depuis le refuge, il faut
suivre le sentier qui rejoint l’extrémité supérieure
d’un ancien téléski, puis le continuer jusqu’au
moment où il aborde les pentes raides de la Petite Sambuy. Le gouffre
s’ouvre juste à droite du sentier.
Coordonnées :
x : 906,06 ; y : 85,02 ; z : 1925 m
Commune : Seythenex (74)
Description de la cavité :
Le gouffre débute par un beau puits à neige (3
m x 8 m) au fond duquel on peut descendre par un ressaut de 3 mètres.
Une seconde marche, constituée de blocs instables, rejoint un névé
pentu. Au point le plus bas, une étroiture agrandie et étayée,
commande un joli puits de 43 m coupé en son milieu par un large palier
couvert de glace. Juste au-dessus, une lucarne évidente n'a pas encore
été reconnue. Au bas du premier puits (-69m), la neige est toujours
présente et la corde n'est pas inutile dans le ressaut suivant qui
est très souvent tapissé de glace (R2).
Au bas du puits suivant (12 mètres), le réseau se divise et
les dimensions s'amenuisent. En continuant dans l'axe du puits, on atteint
rapidement un méandre entrecoupé de petits ressauts qui dépassent
rarement une hauteur de quelques mètres. A -110 m, après avoir
contourné un petit puits borgne, il faut à nouveau descendre
une verticale de 5 mètres qui marquait l'arrêt des explorations
jusqu'en 1997. Des travaux menés par le S.C.Savoie ont permis de découvrir
un nouveau puits de 12 mètres. Au fond (-133 m), une étroite
diaclase absorbe un léger courant d'air aspirant.
La morphologie de la seconde branche du réseau est un peu différente.
Le méandre est moins pentu, mais globalement plus étroit. Lors
de nos visites, le courant d'air aspirant était violent et c'est lui
qui nous incita à entamer des travaux de désobstruction. Ceux-ci
ont été menés sur près de 20 m de longueur, jusqu'à
un ressaut qui correspond à un accroissement notable de la taille du
méandre. Mais cela ne dure pas car au bout de 10 m, le conduit se dédouble
à nouveau et il faut emprunter un petit boyau pour le retrouver quelques
mètres plus loin. A -112 m, une cheminée confisque la totalité
du courant d'air qui remonte dans une diaclase impénétrable.
Au bas, le méandre se poursuit et rejoint le sommet d'un puits de 15
mètres. La suite est plus sélective. Les parois se resserrent
jusqu'au-dessus d'un nouvel à-pic (8 m) qui se prolonge par un joint
de strate impénétrable (-144 m). En traversant la lèvre
du puits, il est possible de progresser encore un peu jusqu'à un coude
du méandre trop étroit pour permettre le passage (-133 m).
L’ensemble du gouffre se développe dans l’Urgonien mais
à ce niveau, l’hauterivien doit être très proche
bien que le pendage soit encore relativement important (environ 30°).
Mais ce qui est plus inquiétant c’est l’absence de courant
d’air. Il n’est pas exclu qu’il rejoigne la surface par
des gouffres comme le MS 40 ou le MS 3, tous deux situés sur des fractures
que l’on retrouve en profondeur. Dans ce cas, la poursuite des travaux
dans l’autre branche pourrait s’avérer plus judicieuse
malgré le courant d’air moindre. Il reste également la
possible existence d’un méandre supérieur qui débuterait
dans la zone des puits d’entrée.
Historique des explorations :
Le gouffre est découvert et exploré en 1982,
au cours d'un camp estival du CAF d'Albertville. Le fond du P.5 est atteint
(-121 m) et la topographie est relevée. En 1996 puis 1997, des tirs
sont effectués dans la zone d'entrée et la trémie, au-dessus
du premier puits, est étayée. Parallèlement, le S.C.S.
désobstrue et explore la branche est jusqu'à -133 m.
Durant le mois de juillet 1998, les sorties (7) vont se succéder pour
mener à bien la désobstruction du méandre nord. Dix-sept
tirs seront nécessaires pour venir à bout de l'obstacle. Mais
ce travail a été grandement facilité par la présence
d'un violent courant d'air aspirant permettant l'utilisation du perforateur
Ryobi et des tirs successifs (jusqu'à 5 par sortie). Ce n'est que le
18 juillet, qu'une équipe atteint le fond actuel du gouffre à
-144 m.
Participants aux explorations de 1998 : Guy Bertamel, Frédéric
et Etienne Bunoz, Patrick et Sandrine Degouve, Jean-Paul Laurent, Pascal,
Marie-Pierre Martin, Gilles Pointillat, Jérôme Poletti, Cécile
Vantey et François Baucaire, Fabrice Couhier du CAF Dijon.
Bibliographie :
• BRUN, Magali ; MEYSSONNIER, Marcel (1995): Compte rendu des sorties 1995, massif de la Sambuy - S.C.V. Activités, n°58, page 74 et 75
• DROUIN, Philippe (1983): Explorations spéléologiques dans la région Rhône-Alpes en 1982 - Scialet, C.D.S. Isère, n° 12, pages 11 à 16
• SECTION SPELEO DU C.A.F. D'ALBERTVILLE (1988): Inventaire des cavités du massif - Au fond des choses, pages 45 à 135
• DEGOUVE, Patrick (1999) : "Explorations sur le massif de la Sambuy, gouffre MS 50", Spéléalpes, bul. du CDS 74, n°20, p.7