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Explorations d’automne en Cantabria

jeudi 3 novembre 2011

Traditionnellement, durant le séjour d’automne, nous organisons un bivouac soit à la Gandara ou à Aitken pour les dernières explos. Les occupations personnelles des uns, professionnelles des autres, ont fait que nous nous sommes retrouvés cette année avec une équipe plus réduite mais pas en manque d’objectifs. Donc pas de bivouac et des sorties à la journée et toujours bien des surprises à la clef…

Dimanche 23 octobre 2011 : prospection au-dessus de Buzulucueva

Participants : D. Boibessot, P. et S. Degouve, Ch. Philippe, G. et M. Simonnot

Le secteur de Buzulucueva a semble-t-il bien été fouillé, mais quelques vérifications estivales ont révélé des manques, des erreurs de coordonnées et il nous a semblé intéressant de faire un peu le tri dans les nombreux gouffres rencontrés sur le plateau. Nous profitons donc de cette belle journée pour revisiter le secteur, descendre des gouffres non marqués, en positionner d’autres et d’une façon générale compléter l’inventaire. Dans la série, nous tombons sur un joli gouffre avec un fort courant d’air aspirant. Il n’y a pas de marque, mais au bas du puits d’entrée nous trouvons une vieille sangle puis un spit rouillé au sommet de la verticale suivante. Nous dévalons 3 petits puits jusqu’à un méandre, mais notre stock de corde est épuisé. Dans un premier temps, nous pensons qu’il s’agit de la torca de la Tormenta explorée par le SGCAF dans les années 80, mais une rapide vérification dans la biblio nous indique que ce n’est pas le cas. Au total, nous positionnons une quinzaine de cavités et en descendons une petite dizaine.

Les cabanes de Buzulucueva.

Lundi 24 octobre 2011 : surprise au Maxou Picchu

Participants : D. Boibessot, P. Degouve, Ch. Philippe

La météo est très incertaine et la journée débute sous la pluie. A la faveur d’une éclaircie, nous décidons de monter au Maxou Picchu pour revoir le puits terminal et éventuellement déséquiper la cavité. à moins que la chance ne nous sourie et que nous parvenions à rejoindre la torca Aitken toute proche. Une bruine légère nous accompagne et du coup, nous ne traînons pas. Nous nous équipons dans la salle d’entrée et partons sans tarder au P.40 où nous avions vu un puits parallèle l’été dernier (vers -100 m). Avant toute chose, il nous faut vérifier si celui-ci communique avec le P.20 terminal.

Au fond de la torca, le P.40 se dédouble, mais la branche parallèle rejoint le point bas de la cavité à -133 m.

Trois spits plus tard nous pouvons confirmer que c’est le cas et surtout vérifier qu’il n’y a pas le moindre courant d’air.

Celui-ci doit donc s’échapper dans l’une des nombreuses lucarnes qui percent les parois du puits. Les premières sont plutôt décevantes et semblent correspondre à des amonts. Les autres ont déjà été vues par Ludo les années précédentes. Toutefois, dans l’une d’elles, nous n’avons pas vu de trace et en désespoir de cause nous allons vérifier. Dom se lance dans le pendule et atteint sans difficulté le départ. Sa lumière disparaît puis réapparaît à un autre endroit du puits. Visiblement ce n’est qu’une boucle. La lumière disparaît à nouveau mais Dom ne revient pas. Dix minutes plus tard, nous entendons des raclements puis entrevoyons le halo de sa lampe. En fait il y avait un autre départ conduisant à une galerie terminée par un puits. Nous le rejoignons après avoir équipé le pendule. Après un rétrécissement et un ressaut, le conduit prend la forme d’un beau méandre fossile et, nous retrouvons le courant d’air. Vingt mètres plus loin nous parvenons au bord d’un petit puits de 7 à 8 m. Malheureusement, le fond est entièrement colmaté et visiblement la suite se situe en face mais à une douzaine de mètres de distance. L’escalade ou la traversée ne s’avèrent pas très évidentes car les parois sont couvertes d’une croûte de mondmilch. Cependant, juste au-dessus du puits par lequel nous sommes descendus, nous avisons un beau pont rocheux, perchés 5 mètres au-dessus de nos têtes. Lucky Luke aurait sans doute fait mieux, mais au bout de 5 ou 6 lancers, nous parvenons à faire passer la corde sur le pont. Il ne reste plus alors qu’à penduler pour attraper la paroi opposée. Christophe y parvient sans difficulté et une grosse concrétion permet d’équiper la remontée en peu de temps.

Le puits du Lasso doit son nom à un miraculeux pont de roche qui a évité une escalade laborieuse.

Nous nous retrouvons alors dans la suite du méandre qui, normalement, devrait commencer à descendre pour retrouver le niveau des galeries du secteur, soit environ une bonne centaine de mètres plus bas. Mais il n’en n’est rien et nous progressons dans une jolie galerie concrétionnée entrecoupée de montées et de descentes.

La galerie est concrétionnée et se refuse de descendre. Ce niveau perché n'est pas une exception et on en rencontre dans d'autres cavités du massif (Yeguas, cueva 1321 etc...)

Nous progressons ainsi sur près de 400 m jusqu’à un gros puits qui barre la galerie. Celui-ci doit bien faire une cinquantaine de mètres, mais, en face, la galerie semble continuer. Nous en restons là et rentrons en faisant la topo. Ce n’est pas encore aujourd’hui que nous déséquiperons le Maxou.

TPST : 9 h

Mardi 25 octobre 2011 : Maxou Picchu, la suite…

Participants : D. Boibessot, P. et S. Degouve, Ch. Philippe, G. Simonnot

La météo s’est bien améliorée et l’équipe s’est étoffée pour poursuivre l’exploration de la galerie du Lasso dans la torca del Maxou Picchu. A notre terminus, nous optons pour la traversée du puits, car cette galerie perchée nous intrigue. Sandrine nous équipe ça avec brio et effectivement, la galerie ne s’arrête pas là.

La traversée du P.50

Nous enjambons quelques autres puits moins profonds mais pour certains il est nécessaire de sécuriser le passage avec des mains courantes. La suite est un peu moins tranquille car le profil en montagnes russes s’accentue et de nouveau, il faut équiper des rampes et des petits puits. Nous progressons encore de 300 m jusqu’à une zone plus complexe où vient se greffer une arrivée de puits.

Le parcours devient plus accidenté et il faut franchir plusieurs puits. L'un d'entre eux rejoint-il les galeries d'Aitken ?

La suite de la galerie semble être en hauteur, mais il y a également un méandre descendant bien ventilé. Nous restons sur notre position et choisissons la galerie supérieure. Christophe négocie l’escalade sans trop de difficulté et 10 m plus haut nous retrouvons le conduit fossile. Malheureusement, celui-ci, après une zone cassée, se met à remonter sérieusement jusqu’à un nouveau cran vertical sans air. Nous dressons la topo et rentrons tranquillement en vidant les batteries du perfo dans l’amorce de quelques escalades qui jalonnent le parcours.

TPST : 9 h

Dans la galerie du Lasso

Mercredi 26 octobre 2011 : prospection en amont de la Gandara

Participants : D. Boibessot, P. Degouve, Ch. Philippe

Le temps reste douteux, mais un vent assez violent s’est installé, nous préservant temporairement des averses. Nous décidons de monter à la Lunada afin de poursuivre la prospection entamée cet été sur les amonts de la Gandara. Le vent est ici très violent et nous commençons par nous réfugier dans la cueva 1624 pour en désobstruer le fond. Ce n’est pas très facile, mais au bout d’une bonne heure, nous parvenons à entrevoir la suite. Rien de bien formidable, mais il faudra revenir avec du matériel plus performant. Non loin de là, nous tombons sur un chantier de désobstruction qui n’y était pas cet été…  Nous poursuivons nos recherches et découvrons plusieurs trous dont certains sont connus (torca de la Colmena). A chaque fois, nous tombons sur des fissures impénétrables.

Changement de décor. Ici par de lapiaz acéré mais une lande touffue où l'on peine à voir les entrées.

Jeudi 27 octobre 2011 : Maxou Picchu, la jonction attendra…

Participants : D. Boibessot, P. et S. Degouve, Ch. Philippe

Nous remontons au Maxou Picchu pour, cette-fois-ci tenter la jonction en descendant les puits. Le temps est toujours instable et nous évitons une grosse averse au moment même où nous entrons dans la grotte. Nous allons directement au fond pour voir le méandre qui souffle au bas de l’escalade. En fait, il s’agit d’un puits et la galerie entrevue à -10 m se termine assez rapidement sur des trémies sans air.

Dans les ressauts de la galerie du Lasso.

Dans les ressauts de la galerie du Lasso

Nous descendons d’une trentaine de mètres, mais nous devons nous arrêter par manque de corde. Nous pensions retrouver l’horizontal plus tôt, mauvais calcul… Nous revenons alors vers le P.50 (puits de la Banane Noire). Celui-ci fait bien 50 m plein gaz, mais les parois sont couvertes de choux fleurs qui dégringolent à chaque passage dans un bruit de porcelaine brisée. Du coup, nous sommes un peu obligés d’attendre d’être à l’abri pour pouvoir faire descendre le suivant. Au bas, un petit ressaut de 4 m puis une courte escalade amènent au bord d’une salle ébouleuse (puits de  14 m). La suite est peu enthousiasmante car d’un côté nous nous heurtons à une trémie et de l’autre, ce sont des boyaux méandriformes qui nous arrêtent. Pourtant le courant d’air est bien là. Malgré plusieurs tentatives de désobstruction, ça ne passe pas. Il faudra voir dans les puits voisins. Nous remontons en dressant la topo. Dehors il pleut, le vent est tombé. La torca développe désormais 1570 m pour 182 m de dénivelé.

TPST : 10 h

Samedi 2, dimanche 30 et lundi 31 octobre 2011

Participants : P. et S. Degouve, G. Simonnot

Nous remontons sur Buzulucueva pour essayer d’avancer notre inventaire de la zone. La priorité est de recenser les entrées et de les localiser précisément. C’est un peu du ratissage systématique, mais qui semble nécessaire pour s’y retrouver. Durant les 3 jours, nous allons donc identifier plus d’une trentaine d’entrées, descendre une bonne vingtaine de gouffres pour la plupart sans grand intérêt. Au menu, topo, repérage GPS et descriptif détaillé, bref, c’est le prix à payer pour ne pas refaire dix-mille fois le même travail…

Dans cette doline on dénombre pas moins de 12 trous différents...

C.R. : Patrick Degouve et Guy Simonnot

Déceptions et satisfactions, un bilan estival très contrasté.

mercredi 14 septembre 2011

Notre bilan spéléo de ces deux mois d’été en Cantabria s’apparente un peu à la météo que nous avons eue durant cette période. Ni soleil franc, ni averse virulente, mais plutôt du gris, tantôt chaud, tantôt froid. Bref, comme le ciel, un bilan tout en nuance avec de grosses déceptions et par ailleurs de bonnes surprises. Voici donc un rapide tour d’horizon des résultats obtenus en attendant des récits plus détaillés.

Du côté des déceptions…

Au départ les objectifs ne manquaient pas et parmi eux certains ne laissaient guère de doutes sur les possibilités importantes de faire de la première. Du côté de Bustablado, voila bien des années que, parallèlement à nos amis de l’ACE Mataro, nous recherchons un accès direct au fond du collecteur de La Canal.

Candidate potentielle et bien placée dans tous les sens du terme pour y parvenir, la torca Mala Vista. Son point fort, un courant d’air peu commun, sa faiblesse, un gabarit réduit nécessitant l’usage de matériel de désobstruction approprié. Depuis l an 8 sorties ont été nécessaires pour descendre de 7 m dans ce petit gouffre entièrement « fait main ». Il suffisait de donner le coup de grâce. Nous l’avons donné et puis… rien… A – 8 m, un éboulis ferme complètement le conduit, et impossible de trouver l’origine du courant d’air.

Tant pis, nous avions d’autres cordes à notre arc. Dans un vallon voisin, la torca de la Mazuela nous avait livré une succession de jolis puits terminés à -84 m par une étroiture précédant un vide d’au moins 30 m. Nouvel assaut musclé, mais nouvel échec. Le puits entrevu était beau certes, mais bien bouché à -117 m (développement : 210 m).

L'entrée de la torca de la Mazuela.

A défaut, nous allons revoir, non loin de la torca de las Yeguas, le VT 204 exploré il y a 25 ans par les catalans de Tortosa, un de ces gouffres aux coordonnées fantaisistes et au descriptif suffisamment vague pour être alléchant. Nous l’avions retrouvé par hasard en février 2010 et il nous avait séduits. Nous le rééquipons et fouillons le chaos terminal. Le courant d’air n’est pas violent. En déplaçant quelques blocs, nous gagnons péniblement une dizaine de mètres supplémentaires (-114 m) mais il est évident que nous ne passerons pas par ici. Nouvelle retraite avec toutefois la satisfaction d’avoir réglé son sort à une cavité devenue injustement mythique.

Il paraît bien difficile de croire que l'entrée du VT 204 soit restée introuvable durant plus de 20 ans.

Nous aurions pu en rester là, mais il y avait encore cette curieuse torca de las Cadieras. Découverte durant l’hiver 2010, elle donne accès à une grande salle dont nous n’avions fait qu’un tour rapide. Lors de cette première incursion nous n’avions pas vu le départ d’un puits légèrement ventilé. Mais quand on a la poisse, elle ne vous quitte pas comme cela et bien sûr l’affaire fut vite réglée par une trémie à -87 m. Une désobstruction dans l’autre extrémité de la salle nous a laissé y croire un peu mais à -104 m, la fête se termine prématurément sur une fissure impénétrable (développement : 290 m)….

Le puits d'entrée de la torca de las Cadieras perce la voûte d'une grande salle ébouleuse (30 x 30 m).

Tout cela risquant de ternir le moral des troupes nous décidons de changer un peu d’air pour tenter notre chance sur de vieux objectifs sortis du fin fond de nos tiroirs.

Un petit tour du côté de l’Hoyo Grande va se solder par deux nouveaux échecs dans un gouffre qui aurait pu jonctionner avec la torca du même nom et dans une perte que la météo humide va rendre impraticable.

L'Hoyo Grande n'a pas dit son dernier mot et peut réserver encore de belles découvertes.

Bon, il reste des cavités à revoir sur le massif de la  Lusa (Soba), ça date un peu, mais le courant d’air aspirant du F-1-1 est resté gravé dans notre mémoire. Celle-ci va nous jouer quelques vilains tours pour retrouver le gouffre et certains passages conduisant au terminus, mais nous y parvenons quand même. L’étroiture terminale (-102) ne résistera pas très longtemps à nos assauts musclés. Derrière nous tombons sur un joli puits de 5 mètres suivi d’une étroiture style lombric et le tout parcouru par un courant d’air qui décide brutalement de disparaître dans les plafonds. Affaire classée à – 107 m…

Dans le vallon de la Vallina, au nord d’Arredondo, une autre cavité repérée en avril, la torca de Tantas Noches exhalait un fort courant d’air… Après quatre séances de désobstruction individuelle et trois autres à trois, bien musclées et bien tonnantes, les résultats sont encore frustrants : quelques dizaines de mètres de belles galeries très colmatées et pour l’heure un courant d’air qui arrive en hauteur d’une diaclase impénétrable sans de nouveaux travaux. Le développement de la torca est de 120 m pour une dénivellation de 24 m (-16 m ; +8m).

La galerie découverte dans la torca de Tantas Noches reste assez énigmatique tout comme l'important courant d'air qui la parcourt.

Dans le réseau de la Gándara (Soba) nous avons finalement jeté l’éponge dans l’escalade de la cheminée de la néo-rivière. Après le premier jet de 50 m, 40 m d’escalade supplémentaires dans la seconde cheminée nous ont permis de ne pas voir le sommet de ce gigantesque puits estimé au minimum à plus de 110 m. Le niveau des galeries fossiles espérées étant largement dépassé, l’objectif a perdu beaucoup de son intérêt.

Vu sous cet angle, cette liste peut paraître un peu déprimante. Ce serait effectivement le cas si il n’y avait pas eu quelques occasions de se réjouir, parfois là où nous ne nous y attendions pas obligatoirement.

Quelques rayons de soleils dans la brume cantabre…

Parmi les valeurs (presque) sûres, il y avait bien évidemment la Torca del Pasillo (Arredondo) dans laquelle nous nous étions arrêtés sur rien dans une galerie de 2 x 3 m … Une première descente de plus ou moins vaillants quinquagénaires, ne livre pas moins de 750 m de première, et surtout mène, au final, sur le collecteur du secteur. La galerie amont orientée vers l’ouest s’incline progressivement vers le sud et donc vers le fond  et aval de l’actif de Cantu Encaramao. Un rapide report topo nous confirme que l’écart entre les deux cavités n’excède pas 50 m. Nouvelle descente pour tenter de franchir la trémie qui nous avait arrêtés. Ça passe et désormais c’est un lac profond, balayé par un violent courant d’air qui stoppe notre progression. Troisième assaut, avec des néoprènes cette fois : Nous gagnons quelques dizaines de mètres et nous heurtons à un siphon d’une part et à une trémie d’autre part. La jonction se fera en plongée. Le développement est de 3210 m pour un dénivelé de 280 m.

Au bas des puits de la torca del Pasillo (-280 m), après un parcours complexe, nous sommes parvenus dans un conduit semi actif très érodé (Galerie des Indignés).

Du côte d’Aitken, la torca del Osezno, trouvée lors d’une prospection épineuse, pourrait bien réserver quelques bonnes surprises, mais l’exploration en est qu’au tout début (-61 m) et l’expérience de cet été nous invite à ne pas trop extérioriser notre optimisme.

Mais tant pis, nous le ferons pour une autre torca qui n’a pas encore de nom, dénichée dans les niveaux calcaréo-gréseux qui dominent Bucebrón (Arredondo) et qui a pu être parcourue jusqu’à -145 m. On y croit…

Les explorations en plongée ont été assez perturbées par les niveaux d’eau de fin juillet. Cependant des progressions sensibles ont eu lieu à la cueva de Sereno 2 (San Roque) et au Sumidero de Orcones (Arredondo). Des informations seront fournies ultérieurement

Enfin, ce tour d’horizon de nos activités ne serait pas complet si nous ne mentionnions pas les nombreuses sorties de prospection qui ont permis également d’étoffer l’inventaire des cavités du massif. Celui-ci compte désormais 1630 références, mais sur un plan qualitatif, celui-ci s’est enrichi de mises à jour topographiques et de coordonnées vérifiées au GPS.

L'inventaire se doit d'être exhaustif ! Cette superbe entrée porte le n°1610 mais ne deviendra jamais une grande classique...

Le compte rendu journalier des principales explorations sera publié prochainement sur le blog.

Les participants :

Les permanents bienheureux entre fin juin et fin août : P. et S. Degouve, G. Simonnot

Les spéléologues qui font le maximum pour prendre sur leurs vacances d’été un peu de temps pour diverses explorations :  B. Pernot, Ch. Durlet, Ch. Nykiel, L. Guillot, E. Tessane (plongeur), Y. Tual (plongeur), D. et M. Langlois, J. N. Outhier.

Les amis espagnols toujours aussi efficaces : G. Aranzabal (2 sorties Pasillo), D. Dulanto (2 sorties à las Cadieras) et J. Lopez Jorde (1 au Pasillo).

Patrick Degouve et Guy Simonnot

Ça passe au Pasillo !

mardi 7 juin 2011

En décembre dernier, notre dernière exploration dans la torca del Pasillo s’était arrêtée vers -245 m dans une salle ébouleuse (Salle Joséphine) sans suite évidente hormis un petit puits de 7 m dépourvu d’air. Pourtant au fond, on distinguait très nettement un méandre bien sculpté avec des traces d’écoulement.

Vendredi 3 juin 2011

Participants : G. Aranzabal, P. et S. Degouve

Nous nous retrouvons donc à 3 ce vendredi avec Gotzon fidèle compagnon de nos sorties au Passilo est au rendez-vous malgré l’heure et demie de route qu’il est obligé de faire à chaque venue sur le massif. La sortie ne commence pas très bien car des blocs se sont déstabilisés dans l’étroiture de -15 m et Patrick se prend un gros cailloux sur la tête. Merci le casque… Mais la prochaine fois, il faudra aménager le passage. Le reste de la descente s’effectue sans problème.

Dans les puits vers -120 m (photo Gotzon Aranzabal)

A – 230 m, dans la galerie Gaby, nous constatons que nos traces de l’été dernier ont disparu. Il y a donc ici des mises en charges dont il faudra se méfier par temps incertain. Nous récupérons de la corde laissée dans le secteur et filons dans la galerie des Pimientos pour boucler un bout de topo avant de rejoindre le Grand Toboggan. Ici encore, les traces sont effacées. Une dernière étroiture et nous voici dans la salle Joséphine. Le puits est rapidement équipé et au bas, curieusement nous retrouvons un violent courant d’air qui parcourt un beau conduit (Galerie des Indignés) avec amont et aval.

Le sommet du P.7 dans la salle Joséphine.

Nous commençons par l’aval qui se divise rapidement. A droite nous parvenons au plafond d’une belle salle qui n’est autre que la salle Joséphine. Tout le courant d’air passe par là ce qui explique qu’il était quasiment imperceptible dans le P.7. A gauche, le conduit déchiqueté et propre doit visiblement être très actif en période de crue. Malheureusement, 30 m plus loin, nous buttons sur une grosse trémie. Cependant, au bas, un petit méandre descendant aspire une partie du courant d’air. Le parcours devient assez accidenté et la galerie se divise diluant par la même occasion le courant d’air qu’il est plus difficile de suivre. Aux points bas, nous entendons nettement le bruit d’un rio tout proche. Mais celui-ci semble s’écouler dans des fissures étroites voire impénétrables. La suite n’est pas très évidente mais le secteur sera à fouiller.


La galerie des Indignés en aval du P.7.

Nous préférons aller voir l’amont qui partait bien. Retour à la corde du P7. La galerie est un beau méandre 1,3 x 5 m au parcours facile. Le vent nous souffle dans la figure et tout cela est de bon augure. Rapidement, nous parvenons à une première diffluence. Nous choisissons le conduit le plus ventilé mais c’est aussi le plus petit. Ca frotte de plus en plus et la topo devient franchement pénible. Sandrine part en reconnaissance et au bout de 10 minutes elle revient en nous annonçant une galerie de 2 x 3 m. Nous venons de retomber dans l’autre branche de la diffluence et laser en main, la galerie fait bien 2 m par 3 m. Nous avançons sans difficulté jusqu’à la diffluence suivante. L’air est toujours présent, la suite est évidente et nous venons de dérouler un peu plus de 550 m de topo. Il faut songer à remonter et pour comparer les itinéraires nous empruntons les boyaux menant au puits du gant. C’est étroit à souhait, mais en 2 h nous sommes dehors après 8 h d’explo. Le développement de la torca dépasse désormais les 2 km, mais surtout, nous sortons enfin de ce labyrinthe de puits et de boyaux qui nous avait occupés jusqu’à présent.

Patrick Degouve

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