Invitation à la torca de Los primos

Dimanche 23 décembre 2012

Le groupe spéléo de Santoña (A.E.M.T.) prospecte depuis plusieurs années le secteur de Bucebron, à la recherche d’un accès direct au Cueto et pourquoi pas d’une jonction entre ce dernier et la Cayuela. Travaillant sur le même secteur, nous n’avons pas tardé à échanger nos données et à sympathiser. Après avoir prolongé la torca Racho (CA 15) et passé très prés d’une jonction, ils ont découvert la torca de los Primos un étonnant réseau aux multiples entrées et situé à l’aplomb de la galerie des Baladins du Cueto.

L'entrée principale de la torca.

L’entrée principale de la torca.

La particularité de ce dernier réside dans la présence d’une belle galerie perché à environ 680 m d’altitude. Ce dimanche, nous sommes invités à visiter cette découverte avant qu’ils déséquipent. Nous avons rendez-vous à 9 h à leur cabane. Nous sommes 8 à descendre dans le gouffre ce qui permet de faire plusieurs équipes. Tandis que  l’une d’entre elles part vers le fond pour explorer un puits, nous descendons tranquillement pour revoir la galerie fossile de -140 m. La première série de puits est très belle et les verticales s’enchaînent rapidement. Des arrivées provenant d’une seconde entrée contribuent à donner du volume. Le dernier puits perce la voûte d’une grande salle où convergent également plusieurs arrivées de puits. C’est sans doute l’un des endroits les plus spectaculaires de la cavité. Une galerie presqu’entièrement comblée la traverse de part en part. A cet endroit, l’élimination du remplissage due aux arrivées de puits permet d’en deviner la taille originelle qui devait être très importante. Le sens d’écoulement n’est pas très évident à déterminer, mais nous commençons à visiter ce qui pourrait être l’aval (direction nord-est). Il faut gravir un talus pentu, mélange d’argile et de blocs, pour rejoindre, une vingtaine de mètres plus haut, la voûte du conduit. Un dernier ressaut perce le remplissage stalagmitique superficiel et permet d’accéder à un conduit concrétionné balayé par un net courant d’air aspirant. Nous sommes véritablement dans la partie supérieure de la galerie que nous suivons sur plusieurs centaines de mètres jusqu’à une autre salle occupée par un éboulis ayant totalement colmaté la suite du conduit.

Nous revenons ensuite sur nos pas pour rejoindre la première équipe qui est descendue dans une série de puits donnant accès au point bas du gouffre (env. -300 m). Une galerie latérale située non loin du début de la galerie rejoint le sommet d’une belle salle que l’on atteint par un puits d’une dizaine de mètres. Il faut ensuite remonter de presqu’autant pour rejoindre une autre salle à l’extrémité de laquelle s’ouvre un puits de taille plus modeste, premier d’une série donnant accès à -300 m. Au passage, Juanjo nous montre toutes les escalades réalisées et visiblement rien n’a été laissé de côté, témoignant d’un travail méticuleux et approfondi.

Nous ne tardons pas à retrouver la première équipe dans un méandre étroit. Vu le nombre, notre présence n’est d’aucune utilité, et nous remontons pour fouiller le niveau fossile. Une petite galerie latérale est topographiée puis nous filons voir l’amont, de l’autre côté de la base des puits d’entrée. Ici aussi, le remplissage a été en partie débarassé par l’arrivée d’un puits au plafond qui a creusé un cratère d’une vingtaine de mètres de hauteur. En face, nous remontons sur le remplissage constitué en partie de gros blocs eboulés, dues à la présence d’une faille transversale dont le miroir reste visible sur le haut du conduit. Nous fouillons le secteur, mais nous nous heurtons à des éboulis et des trémies bien colmatées.

Il ne nous reste plus qu’à attendre le retour de l’équipe du fond qui revient une bonne heure plus tard en ayant déséquipé le fond, le puits exploré redonnant dans des parties connues. Du coup, nous ressortons tout le matériel et déséquipons les puits d’entrée. Dommage, car au point bas du gouffre, les galeries du Cueto sont sans doute toute proches. Mais qu’à cela ne tienne, cela montre de façon évidente qu’il reste beaucoup de choses à voir dans ce secteur et il serait bien étonnant que de nouveaux accès aux réseaux connus ne soient pas trouvés dans les années à venir.

Une partie de l'équipe à la sortie du gouffre.

Une partie de l’équipe à la sortie du gouffre.

En attendant, la découverte de la galerie de -140 m confirme l’existence de niveaux de creusements perchés bien au-dessus des conduits connus. Cela pourrait expliquer la présence de grottes comme la cueva del Rabouzou qui s’ouvre à une même altitude.

Merci à toute l’équipe de l’AEMT de nous avoir fait découvrir cette belle cavité.

Patrick Degouve

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